Les démarches participatives ont aujourd’hui le vent en poupe. Mais quand celles-ci intègrent la recherche, l’évidence n’est pas toujours de mise, notamment lorsque des savoirs d’origines multiples sont en jeu. Dans le cadre d’une étude consacrée à la recherche participative, une anthropologue et une spécialiste des sciences de l’information et de la communication ont observé les processus de légitimation des savoirs au sein d’un projet mené au Sénégal.
Comment légitimer les savoirs scientifiques ? Dans le contexte de ce projet, ce sont deux acteurs locaux, un leader associatif et un marabout qui y ont contribué. Ce dernier a, par exemple, traduit les enjeux du projet en se référant publiquement à des sourates du coran. Mais la légitimation doit aussi opérer pour les savoirs locaux, du point de vue des scientifiques. Là encore, des techniques originales ont été développées. L’utilisation de la photo par les différents acteurs, couplée à des enquêtes a permis de révéler et d’expliciter les regards de chacun.
L’étude montre également que le processus de légitimation conduit à une évolution des positions sociales des acteurs : le leader paysan se présente désormais comme un «microbiologiste paysan», le marabout a renforcé ses savoirs religieux au travers de sa traduction des savoirs scientifiques. Enfin, du point de vue des chercheurs, deux conceptions opposées de la recherche sont clairement à distinguer : une production scientifique internationale de pointe dans un contexte très compétitif et le développement d’une science participative, sensible à la pertinence et aux enjeux sociaux.
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